Sisyphus

Une interaction cyclique de robots

CONSTRUCTION, DECONSTRUCTION.

Créée par Kachi Chan (IALab), « Sisyphus » est une installation mettant en scène des robots engagés dans une interaction cyclique sans fin. Les petits robots construisent des arches en briques, tandis qu’un robot géant les éboule. Voici un récit de construction et de déconstruction.

un robot au centre d'un plateau

L’œuvre tire son nom d’un personnage de la mythologie grecque, Sisyphe, condamné à pousser chaque jour un rocher en haut d’une colline pour le voir ensuite redescendre.

Sisyphus est un commentaire sur le climat socio-politique actuel, où les systèmes d’autorité et de résistance s’affrontent continuellement. La répétition est explorée dans cette pièce à travers l’interaction de deux systèmes robotiques contrastés ; l’un petit et agile, l’autre puissant et oppressant – le Sisyphe grec représentant l’un ou l’autre ou les deux.

« Malgré l’écart qui existe entre la taille des deux robots, leur lutte est sans fin. Le robot géant ne fait aucune concession et continue à écraser les arcs de briques. Cependant, même une fois détruits, les petits robots continuent à construire de nouveaux arcs en briques, manifestant ainsi une résistance collective par des actions individuelles autonomes. Ici, le statu quo est continuellement remis en question par de petits actes dispersés qui perturbent le pouvoir absolu du robot géant. La persistance des petits robots et leur capacité à propager de nouvelles formes de résistance à petite échelle rendent tous les efforts valables, par opposition à « futiles ». Ainsi, Sisyphe symbolise non seulement la confrontation entre le pouvoir et la résistance, mais aussi l’espoir qui accompagne la possibilité de changement.« 

un petit robot construisant une arche

L’installation utilise le système ROS (Robot Operating System), la vision par ordinateur, pour faire fonctionner le petit robot – la caméra cherche une surface rectangulaire (la surface de la brique tournée vers le haut), puis elle utilise la trigonométrie pour calculer la distance et l’angle par rapport à elle-même (le petit robot), puis elle effectue le ramassage – Fusion 360. Le petit robot est fabriqué à partir de servomoteurs Dynamixel (XM 430 et XL430), du bras robotique PincherX150 et d’impressions 3D personnalisées. Le grand robot est un Kuka KR60.

Kachi Chan

Quand apparaît la violence chez les hominidés

La violence est-elle inhérente au genre humain ou, au contraire, s’est-elle construite au fil de l’histoire avec l’émergence des sociétés modernes ? Est-elle, comme le suggère Hobbes, constitutive des humains qui, dans leur forme naturelle, sont dans un état de guerre et de violence permanent, imposant la nécessité des lois pour réguler ces comportements ? En revanche, pour Rousseau, les humains sont des êtres naturellement bons, innocents et purs qui seraient peu à peu pervertis par les constructions politiques.

Centrale en philosophie, la question de la violence est aussi présente très tôt en archéologie classique. Parmi les épisodes violents les plus célèbres, on peut citer l’épopée légendaire de Gilgamesh, ce roi de la première dynastie d’Uruk datée du 3e millénaire avant le présent dans le Sud mésopotamien. D’autres exemples existent dans l’Antiquité, mettant en scène des peuples celtes ou gaulois en guerre face à des Grecs ou des Romains. Quant est-il dans les sociétés humaines très anciennes, celles du Paléolithique.

crane pleistocène avec trauma
Fractures traumatiques de l’os du crâne datant de 450 000 ans

Avant l’avènement d’Homo sapiens, les préhistoriens ont quelques traces synonymes de coups violents sur des ossements humains, elles ne suffisent pas à attester l’homicide volontaire entraînant la mort. Chez les Néandertaliens, on trouve ça et là des traces de fracturation intentionnelle sur des os frais ou des traces de découpe provoquées par des tranchants en pierre sur les os. Dans certains cas, ces pratiques post-mortem reflètent une pratique anthropophage, aujourd’hui clairement attestée dès 800 000 ans avant le présent. Des pratiques cannibales qui sont donc très anciennes et ici attribuées à une espèce humaine fossile qui serait proche du dernier ancêtre commun entre les Néandertaliens et Homo sapiens. Il existe également d’autres témoignages d’une pratique cannibale chez les Néandertaliens, entre 100 et 50 000 avant le présent sur au moins 6 gisements européens. Mais rien dans ces pratiques ne vient plaider pour l’homicide volontaire entraînant la mort !

Première évidence

La première évidence significative d’une violence entre individus est illustrée par un cas isolé vieux d’environ 450 000 ans. À Atapuerca (Espagne), des individus se sont affrontés au corps à corps et les coups ont alors entraîné la mort, comme en témoignent certaines traces évidentes (photo 1). Un crâne en particulier porte les stigmates de deux perforations létales sur l’os frontal, interprétées comme le résultat de deux coups portés par la même arme contondante dans un face à face. Il y a plusieurs centaines de milliers d’années, un individu en a donc tué un autre ; preuve d’un comportement agressif, mais pas de phénomènes violents collectivement constitués.

Au Paléolithique récent, à partir de 45 000 ans avant le présent, les populations d’Homo sapiens à l’origine de la diversité actuelle arrivent en Eurasie : multiplication drastique des armes de chasse en silex ou en bois de cervidés, parures ornementales faites en coquillages, en pierre ou en matières dures animales. Les traces irréfutables de violence collective restent minces. Sur les parois des grottes, l’art figuratif ne représente pas, ou très peu, de scènes de violence, hormis les quelques humains transpercés de traits que l’on découvre à Cougnac ou Pech Merle et qui peuvent très bien figurer des scènes d’accidents de chasse ou des sacrifices symboliques.

Une découverte fondatrice

C’est du nord du Soudan que nous vient une découverte tout à fait exceptionnelle réalisée au début des années 1960 par Wendorf. La nécropole fouillée, appelée Jebel Sahaba, est très singulière : aux alentours de 13 500 ans avant le présent, au moins 64 sujets y ont été inhumés en position fléchie, le plus souvent déposés dans des fosses ovales recouvertes de dalles peu épaisses : il s’agit du premier grand ensemble funéraire de l’histoire de l’humanité, le premier cimetière en quelque sorte.

fouilles archéologiques
La fouille du cimetière de Jebel Sahaba en 1965. Fond d’Archives Wendorf du British Museum.

L’analyse anatomique des lésions à Jebel Sahaba révèle une violence humaine et sont réalisées principalement avec des armes à projectiles, notamment des lances et des flèches. D’autres lésions, comme les fractures cicatrisées des avant-bras ou des os de la main, ou certains traumatismes crâniens, témoignent, elles, de combats rapprochés. Plusieurs individus présentent aussi des traces d’impact de projectiles ayant causé la mort, des blessures par arme de jet antérieures qui ont cicatrisé, indiquant de multiples événements violents tout au long de la vie d’une personne. Ces lésions montre également que les traces de violences ne se limitent pas à une catégorie de personnes : les femmes, les hommes ainsi que les enfants ont été touchés.

Le dépôt différé d’individus est le signe d’épisodes de violence récurrents à petite échelle entre membres de communauté différentes, sous forme d’escarmouches, de raids ou d’embuscades. Ce type de guerres, de faibles magnitudes, est assez similaire aux exemples documentés par les ethnologues et ethnoarchéologues au sein des sociétés de chasseurs-pêcheur-cueilleurs plus récentes.

Sources : Les populations de chasseurs-cueilleurs du Paléolithique de Isabelle Crèvecœur et Nicolas Teyssandier, Lethal Interpersonal Violence in the Middle Pleistocene, Atapuerca : patrimoine mondial de l’Humanité

Mur cinétique éolien

Un design adapté aux particuliers et entreprises

CréATION : JOE DOUCET x PARTNERS.

Conçu pour être aussi esthétique que fonctionnel, ce « mur cinétique » est composé d’un ensemble de pales rotatives qui tournent individuellement, entraînant un mini générateur qui crée de l’électricité. L’électricité est utilisée dans la maison ou l’entreprise, peut être stockée dans une batterie murale, ou peut même être réinjectée dans le réseau national pour fournir des revenus au propriétaire.

L’énergie éolienne joue un rôle essentiel en aidant les réseaux nationaux du monde entier à réduire leur dépendance à l’égard des combustibles fossiles pour produire de l’énergie, mais les éoliennes destinées aux particuliers sont très peu adoptées en raison, notamment, de leur caractère intrusif.

Le designer et entrepreneur américain Joe Doucet a créé ce concept ressemblant à une installation d’art cinétique. Son mur d’éoliennes est constitué d’une grille de vitres carrées tournant simultanément sur 25 axes. La taille et le format exacts n’étant pas gravés dans la pierre, des variations de ce mur pourraient être utilisées n’importe où avec une portée décente, comme sur le bord d’une autoroute ou la clôture d’un bâtiment. En d’autres termes, les parcs éoliens pourraient devenir encore plus omniprésents, non seulement dans l’océan mais aussi sur terre.

Dans sa version actuelle, le mur est constitué de 25 générateurs d’éoliennes disponibles dans le commerce (la partie centrale autour de laquelle tournent les pales). Elles sont fixées à 25 tiges verticales et des panneaux carrés sont fixés à côté. Pour l’instant, le mur mesure 2,5 mètres de haut et 7,5 mètres de large, mais le concept peut être mis à l’échelle de bâtiments bien plus grands.

Joe Doucet x Partners

Symboles nationaux du reclyclage en Norvège


Un regard sur l’iconographie du recyclage en Norvège : un système d’étiquetage des produits, des poubelles publiques et des installations de recyclage. Il est accompagné d’une application qui vous permet de rechercher n’importe quoi et de voir rapidement où cela va.

Trier plus facilement pour un recyclage plus efficace, avec un étiquetage, des icones (symboles) et des couleurs, sur les emballages, au travail, à la maison, dans les espaces publics ou les déchetteries.

Les icônes sont basées sur le système danois conçu par Futu.
National Recycling Symbols in Norway